Sur son plateau si droit qu'on dirait une table
La lande de Fréhel étend son tapis roux
Jusqu'à la pointe abrupte, énorme, épouvantable,
Que lèchent, sans répit, les vagues en courroux.
La mer tumultueuse assiège la falaise,
Qui dresse comme un mur ses assises de grès ;
Même par le temps calme, elle est toujours mauvaise ;
On n'y navigue point sans perdre ses agrès ;
Elle arrive, en faisant un fracas de tonnerre,
Au portail surbaissé du couloir périlleux,
Qui s'avance, dit-on, bien au loin sous la terre,
Jusqu'aux enchantements d'un monde merveilleux.
[ ... ]
Paul Sébillot ( 1843 - 1918 )
Extrait : La lande de Fréhel